Rockwell Automation, un leader mondial de l’automation industrielle et de la transformation numérique, annonce les résultats pour la France de la 11e édition annuelle de son Rapport sur la situation de la fabrication intelligente (Smart Manufacturing Report). Cette enquête montre que les fabricants français s’acheminent vers une phase plus structurée de la transformation numérique, définie moins par l’expérimentation technologique que par l’exécution, le retour sur investissement et l’impact opérationnel.
85 % des fabricants français estiment que la transformation numérique est désormais une nécessité. Un pourcentage largement aligné sur la moyenne européenne, mais toujours en retrait par rapport aux chiffres de référence à l’échelle mondiale. Alors que les dépenses en matière de technologie globale restent mesurées – environ 24 % des budgets de fonctionnement –, l’intensité des investissements est toutefois plus marquée. Le pourcentage des fabricants allouant plus de la moitié de leur budget de fonctionnement à la technologie est passé de 3 à 5 %, mettant ainsi en évidence la croissante d’une cohorte qui ne se contente plus d’une actualisation incrémentielle de ses systèmes, mais qui s’oriente vers une modernisation industrielle plus conséquente.
Les décisions en matière d’investissement sont de plus en plus souvent fléchées vers les résultats commerciaux à long terme. 63 % des fabricants citent en effet l’impact à long terme comme levier essentiel de leur investissement, alors que 55 % d’entre eux accordent la priorité à l’expansion et à l’augmentation de leurs capacités de production.
« Les fabricants français deviennent plus sélectifs et plus rigoureux dans leur façon d’investir », explique David Lefebvre, directeur Pays, France, Rockwell Automation. « Il ne s’agit pas pour eux d’adopter une technologie pour elle-même, mais de s’assurer qu’elle sera capable d’offrir une valeur claire et mesurable, en termes d’amélioration de la qualité, de renforcement de la résilience ou de sécurisation des opérations, dans un environnement toujours plus complexe. »
L’intelligence artificielle fait désormais partie intégrante d’une grande partie de la fabrication en France. La moitié des fabricants a déjà investi dans l’IA ou dans le machine learning, et une cohorte supplémentaire de 32 % prévoit déjà des investissements au cours de l’année prochaine. L’adoption de l’IA générative et causale est également en hausse et se situe à 50 %, alors que les fabricants se tournent vers l’analytique avancée pour étayer la prise de décision et l’automatisation.
Malgré ces avancées, la France continue d’être légèrement en retard sur les autres grandes économies européennes en matière d’adoption globale de l’IA. 93 % des fabricants français utilisent l’IA ou prévoient de l’utiliser, ce qui constitue le niveau le plus faible au sein des marchés européens clés. Pour autant, la perception de la valeur de l’IA évolue rapidement. La proportion de fabricants qui identifient l’IA comme la technologie susceptible d’offrir le meilleur retour sur investissement est passée de seulement 2 % l’année dernière à 21 % désormais, soulignant clairement la transition entre l’expérimentation et la quête d’un impact commercial quantifiable.
Dans le même temps, la transformation de la main-d’œuvre réapparaît à nouveau comme l’un des défis les plus pressants auxquels sont confrontés les fabricants français. La difficulté à trouver du personnel offrant les compétences requises est citée par 41 % des entreprises.
Les défis en matière de communication, qui représentent 36 % des inquiétudes, et la gestion des changements à hauteur de 35 %, continuent de freiner les progrès de la numérisation.
La pénurie de main-d’œuvre, qui s’était atténuée l’année dernière, remonte à hauteur de 32 %, renforçant ainsi son poids comme barrière structurelle à la compétitivité. Les pressions en termes de capacité de la main-d’œuvre ont augmenté jusqu’à 20 %, restant toutefois inférieures à la moyenne européenne et mondiale.
La cybersécurité est désormais solidement ancrée au centre de la stratégie industrielle en France. 64 % des fabricants ont déjà investi dans les technologies de cybersécurité, et un quart supplémentaire des fabricants prévoit de nouveaux investissements dans ce secteur au cours de l’année à venir.
98 % des fabricants français investissent dans la cybersécurité, ou prévoient de le faire – en hausse par rapport aux 93 % enregistrés précédemment –, ce qui place la France parmi les acteurs les plus attentifs à la sécurité sur le marché européen.
Le secteur de la fabrication en France progresse régulièrement vers des opérations plus intégrées et plus intelligentes, guidées de plus en plus souvent par un objectif de retour sur investissement. Les plateformes cloud sont désormais identifiées comme étant la technologie qui offre le retour le plus important, en doublant d’une année sur l’autre pour se situer à 32 %. L’IA générative et la robotique sont également en bonne position, renforçant une transition significative vers les technologies qui assurent des améliorations en matière de qualité, d’efficacité et de résilience.
Considérés dans leur globalité, ces résultats suggèrent que les fabricants français s’inscrivent désormais dans une approche à l’égard de la transformation numérique à la fois plus mesurée, et davantage centrée sur l’exécution. Une approche qui s’équilibre entre l’innovation avec la discipline opérationnelle qu’elle requiert, et l’ambition assortie d’objectifs quantifiables.
Méthodologie
Ce rapport analyse les réponses de 1 560 participants répartis dans 17 des principaux pays industriels, représentant des fonctions allant du management jusqu’aux dirigeants de niveau exécutif (C-suite). L’étude a été menée par Sapio Research en collaboration avec Rockwell Automation. L’enquête couvre un large éventail de secteurs, notamment les biens de consommation emballés, l’agroalimentaire, l’automobile, les semi-conducteurs, l’énergie, les sciences de la vie, entre autres. Avec une répartition équilibrée d’entreprises dont le chiffre d’affaires varie de 100 millions à plus de 30 milliards de dollars, elle offre une vision globale des perspectives du secteur manufacturier.